Distance
14,33 km
Distance
14,33 km
Dénivelé positif
2 015 m
Dénivelé négatif
1 816 m
Temps simulateur
6h23
Cette deuxième journée concentre plusieurs morceaux emblématiques du GR20 Nord. C’est une étape de montagne très dense : passerelle suspendue, cols rocheux, Asco, Pointe des Éboulis puis longue redescente vers Ballone. Elle se réussit plus à la lucidité qu’à l’enthousiasme.
La réussite du jour 2 se joue sur une seule idée : garder de la maîtrise avant le second grand bloc. Si le groupe arrive à Asco déjà entamé, la Pointe des Éboulis et la descente de Tighjettu deviennent un tunnel. Si vous y arrivez lucides, Ballone reste une grosse journée, mais plus une journée subie.
Le terrain est presque toujours exigeant : dalles, pierriers, couloirs rocheux, passages équipés et longues descentes cassantes. La journée joue autant sur l’endurance que sur la capacité à rester précis quand les jambes commencent à se vider.
Cette seconde journée condense trois étapes classiques du GR20. Dès la sortie de Carrozzu, la passerelle de Spasimata donne le ton : exposition, roche polie et concentration maximale.
Ensuite, la journée alterne grandes montées vers les cols, descente très raide sur Ascu, nouvelle ascension vers la Pointe des Éboulis et fin d’étape encore exigeante vers Tighjettu puis Ballone. C’est une journée de montagne pure, sans vraie respiration.
Repères : sortie du refuge de Carrozzu, courte descente, passerelle suspendue au-dessus du torrent de Spasimata.
Terrain : dalle rocheuse, sentier étroit, passerelle mobile et exposée. Mise en jambe très courte mais déjà technique.
Ressenti attendu : concentration immédiate, à froid, dès la sortie du refuge.
Vigilance : la passerelle et les dalles de Spasimata sont glissantes au petit matin ou par temps humide. Passer un par un, sans se charger sur la personne devant.
Stratégie d’effort : ne pas voir cette amorce comme un échauffement anodin : c’est le premier vrai geste technique. Réveiller les appuis lentement avant d’attaquer la montée qui suit.
Repères : dalles de Spasimata, lac de la Muvrella, montée finale vers la Bocca di a Muvrella (≈ 1 980 m).
Terrain : pierriers, dalles inclinées, couloirs rocheux et quelques sections câblées. Vraie montée de force et de patience, très minérale.
Ressenti attendu : fort coût cardio dès le matin, entrée immédiate dans une haute montagne sérieuse. C’est le premier gros bloc de la journée.
Vigilance : dalles inclinées glissantes et câbles à négocier ; ne pas se dépasser sur les portions étroites. Vent souvent présent au col.
Stratégie d’effort : allure de montée basse et régulière, sans forcer le cardio dans le rouge dès le matin. Garder de la marge : cette étape enchaîne DEUX grands blocs, celui-ci n’est que le premier.
Repères : courte crête, Bocca di Stagnu, puis grande descente sur la station de Haut Asco / Ascu Stagnu (≈ 1 440 m).
Terrain : blocs instables, pente très inclinée, descente cassante pour les quadriceps jusqu’à la station.
Ressenti attendu : coût musculaire élevé, jambes déjà entamées avant même le second grand bloc de la journée.
Vigilance : descente sur blocs où l’on se tord facilement une cheville ; garder le groupe compact. Haut Asco est le principal point d’abandon de l’étape — décision à prendre ici, pas plus haut.
Stratégie d’effort : faire une vraie pause à Haut Asco (eau, ravito, station). Repartir « plein » : au-delà, il n’y a plus rien avant Tighjettu. C’est le moment d’évaluer honnêtement la forme du groupe avant d’engager le Cinto.
Repères : station de Haut Asco, remontée sous le Monte Cinto, lac d’Argentu, Tour Penchée, Pointe des Éboulis (point haut du GR20, ≈ 2 607 m).
Terrain : haute montagne minérale, altitude réelle, longues pentes de blocs et sensation d’isolement. C’est le noyau dur de la journée et le point culminant de tout le raid.
Ressenti attendu : hausse nette du coût respiratoire et nerveux ; si l’énergie a été mal gérée avant Asco, cette montée devient le juge de paix.
Vigilance : c’est l’itinéraire qui a remplacé le Cirque de la Solitude — passages raides, mains obligatoires par endroits, exposition à l’altitude. Orage et brouillard y sont particulièrement dangereux : ne jamais s’y engager si le ciel est instable.
Stratégie d’effort : monter à un rythme métronomique, ravitaillement solide fractionné. Ne pas viser le chrono : viser le sommet lucide, avec des jambes encore capables d’assurer la descente technique qui suit.
Repères : bascule sous la Pointe des Éboulis, longue descente d’éboulis vers le refuge de Tighjettu (≈ 1 680 m).
Terrain : éboulis, pente raide, appuis incertains ; descente qui exige de rester lucide malgré la fatigue accumulée.
Ressenti attendu : fatigue mécanique dominante, surtout sur les quadriceps et les chevilles. Le mental doit compenser la lassitude.
Vigilance : c’est la descente clé où la fatigue provoque les faux pas ; ne pas relâcher l’attention en voyant le refuge. Terrain qui « roule » sous le pied — poser franc, éviter les raccourcis hors sentier.
Stratégie d’effort : raccourcir la foulée, bâtons dehors, descendre en contrôle plutôt qu’en laisser-aller. Regroupement au refuge de Tighjettu pour souffler avant le dernier plongeon.
Repères : vallée du Stranciacone, terrain plus boisé, arrivée aux bergeries de Ballone (≈ 1 440 m).
Terrain : descente encore raide par endroits puis terrain plus accueillant, plus végétal.
Ressenti attendu : soulagement progressif après une journée très dure, mais les appuis restent à surveiller jusqu’au bout.
Vigilance : dernière descente courte mais toujours cassante ; c’est souvent là, « presque arrivé », que survient la blessure de relâchement.
Stratégie d’effort : garder la concentration jusqu’aux bergeries. Après la journée la plus dure du parcours, l’objectif est d’arriver entier, pas rapide.
Sens Nord → Sud, jour 2 — la journée la plus dure. Bonne nouvelle : elle traverse Haut Asco, l’un des meilleurs points de sortie de tout le Nord. Mauvaise nouvelle : de part et d’autre d’Asco, on est en haute montagne engagée, sans échappatoire sur les crêtes.
Niveau de facilité de sortie : facile à Haut Asco (route, station), très difficile partout ailleurs sur l’étape (haute montagne sans échappatoire).