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Carrozzu → Bergeries de Ballone

Étape 2 : la grosse journée charnière du Nord

Distance

14,33 km

Dénivelé positif

2 015 m

Dénivelé négatif

1 816 m

Temps simulateur

6h23

Brief objectif de l'étape

Cette deuxième journée concentre plusieurs morceaux emblématiques du GR20 Nord. C’est une étape de montagne très dense : passerelle suspendue, cols rocheux, Asco, Pointe des Éboulis puis longue redescente vers Ballone. Elle se réussit plus à la lucidité qu’à l’enthousiasme.

La réussite du jour 2 se joue sur une seule idée : garder de la maîtrise avant le second grand bloc. Si le groupe arrive à Asco déjà entamé, la Pointe des Éboulis et la descente de Tighjettu deviennent un tunnel. Si vous y arrivez lucides, Ballone reste une grosse journée, mais plus une journée subie.

Fiche d’identité et ADN de l’étape

Vendredi 31 juillet 2026Nord → SudDépart 1 270 mArrivée 1 440 mTrès techniqueEngagement très fort

Le terrain est presque toujours exigeant : dalles, pierriers, couloirs rocheux, passages équipés et longues descentes cassantes. La journée joue autant sur l’endurance que sur la capacité à rester précis quand les jambes commencent à se vider.

Cette seconde journée condense trois étapes classiques du GR20. Dès la sortie de Carrozzu, la passerelle de Spasimata donne le ton : exposition, roche polie et concentration maximale.

Ensuite, la journée alterne grandes montées vers les cols, descente très raide sur Ascu, nouvelle ascension vers la Pointe des Éboulis et fin d’étape encore exigeante vers Tighjettu puis Ballone. C’est une journée de montagne pure, sans vraie respiration.

Carte du parcours — 2D

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Découpage chronologique détaillé

Section A — Carrozzu → Passerelle de Spasimata

Repères : sortie du refuge, courte descente, pont suspendu au-dessus du torrent.

Lecture terrain : dalle rocheuse, sentier étroit, passerelle mobile et exposée. Mise en jambe courte mais déjà technique.

Ressenti attendu : concentration immédiate, surtout si le groupe est encore froid ou si le sol est humide.

Section B — Spasimata → Bocca di Muvrella

Repères : montée vers le lac de la Muvrella puis le col.

Lecture terrain : pierriers, dalles inclinées, couloirs rocheux et quelques sections câblées. Vraie montée de force et de patience.

Ressenti attendu : fort coût cardio dès le matin, sensation d’entrer rapidement dans une haute montagne sérieuse.

Section C — Bocca di Muvrella → Bocca di Stagnu → Ascu Stagnu

Repères : crête exposée, second col puis grande descente sur la station d’Asco.

Lecture terrain : blocs instables, pente très inclinée, descente cassante pour les quadriceps.

Ressenti attendu : coût musculaire élevé ; journée déjà punitive avant même le second grand bloc.

Section D — Ascu Stagnu → Pointe des Éboulis

Repères : station d’Asco, remontée sous le Cinto, lac d’Argentu, Tour Penchée, sommet.

Lecture terrain : terrain minéral, altitude, longues pentes et sensation d’isolement. C’est le noyau dur de la journée.

Ressenti attendu : hausse du coût respiratoire et nerveux ; si l’énergie est mal gérée avant Asco, cette montée devient le juge de paix.

Section E — Pointe des Éboulis → Refuge de Tighjettu

Repères : bascule du sommet vers Tighjettu.

Lecture terrain : éboulis, pente raide, appuis incertains et descente qui demande de rester lucide malgré la fatigue.

Ressenti attendu : fatigue mécanique dominante, surtout sur les quadriceps et les chevilles.

Section F — Tighjettu → Bergeries de Ballone

Repères : vallée du Stranciacone, clairière et arrivée aux bergeries.

Lecture terrain : descente encore raide par endroits puis terrain plus accueillant en forêt.

Ressenti attendu : soulagement progressif, mais vigilance à garder jusqu’au bout sur les derniers appuis.

Points remarquables

  • Passerelle de Spasimata, vrai seuil mental dès le début.
  • Lac de la Muvrella et Bocca di Muvrella comme premier grand repère altitude.
  • Station d’Asco pour ravito, eau et recalage du groupe.
  • Pointe des Éboulis, point culminant de la journée et du GR20 Nord.
  • Tighjettu puis Ballone comme sortie progressive de la zone la plus minérale.

Navigation et vigilance

  • Ne pas se faire aspirer trop vite par le début : la journée est beaucoup trop longue pour être courue au mental seul.
  • Descente vers Asco puis descente depuis les Éboulis : deux endroits où la casse musculaire peut coûter très cher.
  • Rester très strict sur les regroupements avant les cols, à Asco, au sommet et à Tighjettu.
  • Partir tôt pour franchir la haute altitude avant les orages éventuels.

Stratégie d’effort

  • Économie absolue avant Asco : l’objectif est d’arriver au pied de la Pointe des Éboulis encore propre.
  • Pauses courtes mais structurées à Asco puis à Tighjettu.
  • Rotation de tête dans les montées longues, et discipline de descente sur les portions cassantes.

Eau et logistique

  • Carrozzu puis éventuelle ressource à Spasimata à confirmer.
  • Ascu Stagnu est le vrai point de recharge fiable avant le sommet.
  • Tighjettu permet aussi de refaire le plein avant la bascule finale.
  • Prévoir au moins 2 litres si chaleur et filtration possible sur certains ruisseaux.

Météo et groupe

  • Vent fréquent sur les cols et au sommet.
  • Orages d’été à anticiper avant midi sur les crêtes hautes.
  • Dalles et pierriers beaucoup plus dangereux si humidité ou pluie.
  • Cette étape peut vite étirer un groupe de 4 : impose un ouvreur, un serre-file et des points de regroupement non négociables.
  • Le plus lent doit dicter les montées longues ; le plus technique ne doit pas disparaître en descente.